mercredi 9 novembre 2011

SAVOIE La chute en ravin, l’accident plus dangereux que les autres


Une nuit sur la route d’Ugine. Un homme roule seul à bord de son véhicule, enchaînant les tournants d’une route sinueuse. Celui-ci décide de s’arrêter sur le bord de la route pour souffler un peu. Dans le noir, il fait quelques pas, glisse… et perd l’équilibre. Soit 100 mètres de chute. Gravement blessé, l’homme est au fond d’un ravin, seul, sans moyen de communication.
C’est sa femme, inquiète de son retard, qui donnera l’alerte. Les secours sont déclenchés. Ils savent à peu près quelle route explorer et retrouvent le véhicule stationné en bordure. Mais il n’y a personne ! Et c’est là que la formation spécifique au secours routier en ravin prend tout son sens.
« Les pompiers qui travaillent pour cette spécialité ont bien sûr la formation de base pour le feu, l’accident et le secourisme. Mais ils ont en plus suivi un complément, qui comprend trois éléments propres aux situations en ravin : l’abordage du problème, la reconnaissance et l’évacuation », explique le major Gilles Chéry, référent départemental de cette spécialité.
D’abord comprendre ce qui s’est passé
« Dans le cas d’Ugine, il faut essayer de comprendre ce qui a pu se passer, étudier le relief du terrain et tenter de deviner le scénario. Quand on a compris que l’homme a dû chuter, qu’il est apparemment très en contrebas, il faut descendre. C’est la reconnaissance. Mais il ne faut pas descendre directement sur la victime, sous peine de lui faire tomber des pierres sur la tête. Une fois sur place, il faut le médicaliser dans des conditions extrêmes et le remonter, sur une civière et à dos d’homme. Souvent, il fait nuit, il fait froid. Pour un peu qu’il pleuve ou qu’il neige, c’est pas de la tarte… »
En Savoie, les accidents en ravin ont tendance à augmenter. « D’une vingtaine par an il y a cinq ans, on est passé à plus de trente », estime le major Chéry. « Et les séquelles sont toujours plus importantes que pour un accident normal ».

Une baisse de la vigilancePourquoi une telle augmentation ? Sans doute en raison d’un plus grand nombre de véhicules sur les routes. Mais c’est surtout en raison une baisse de vigilance au volant alors que la conduite en montagne en requiert beaucoup. « Les accidents n’interviennent pas uniquement sur les routes de stations. Nous avons des plongeons en ravin sur tout le département, vu que la Savoie possède du terrain accidenté sur tout son territoire. Et cela pas qu’en hiver. Les catastrophes arrivent aussi en été, avec des cyclotouristes, des motos et des vacanciers imprudents ».
Des consignes à respecter
Les secouristes rappellent donc quelques consignes de sécurité. « Il faut toujours avoir conscience qu’une voie aérienne est toujours bordée par un ravin ou un précipice. Il ne faut donc jamais jouer avec les bords de route. Ensuite, il faut être attaché. En cas de chute, c’est le seul moyen de rester dans l’habitacle et d’être protégé par les airbags. Sinon, on est vite éjecté et projeté contre les arbres… Enfin, il est important de prévenir quelqu’un de son itinéraire. Si personne ne sait où vous êtes et que vous partez dans un ravin sans témoin, autant chercher une aiguille dans une botte de foin ».
En 2012, les 350 pompiers liés à cette spécialité (sur 2 500) feront trois stages de perfectionnement à Modane, Moûtiers et Aix-les-Bains. Au cas où…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vous pouvez mettre un commentaire en lien avec cet article.
Tout commentaire hors sujet ou ayant un caractère qui sera jugé mal placé sera supprimé.